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LA GUEULE DE BOIS!

Au  moment où vous lisez ces lignes, Nouvel-An est tout proche. Pour préparer l’événement, j’ai voulu aborder un sujet inévitable, vous l’aurez deviné, la gueule de bois.

Texte: Marcus Bratter

Une étude médicale publiée en 2005* nous dit que: « Le moyen le plus efficace d’éviter les symptômes liés à la gueule de bois due à la consommation d’alcool est de pratiquer l’abstinence ou la modération. »  J’adore cette approche pragmatique. Cela dit, la plupart d’entre nous hausserons les épaules et irons tout de même chercher le tire-bouchon.  Ainsi, partant d’un point de vue réaliste, j’ai décidé d’essayer de comprendre pourquoi nous avons la gueule de bois et de quelles options nous disposons pour en limiter les effets.

Il semble que la gueule de bois soit provoquée par une variété d’interactions chimiques avec nos corps. Les histamines et les sulfites présents dans les vins peuvent provoquer des réactions allergiques, mais le principal coupable est l’éthanol (alcool): il produit des substances dérivées, notamment acétaldéhyde, qui contribue à nous donner un sentiment de nausée que nous connaissons tous si bien le lendemain matin. La déshydratation est un facteur important, il est donc toujours bon de boire beaucoup d’eau pendant la soirée, mais vous risquez de vous lever pendant la nuit pour aller aux toilettes, l’alcool étant un diurétique. Les gueules de bois ont tendance à empirer avec l’âge, une autre solution consiste donc à trouver un moyen de de ne pas vieillir ou de boire beaucoup pendant que vous êtes jeunes, car ça fera beaucoup plus mal lorsque vous serez plus âgé. Une approche plus raisonnable est peut-être de boire un peu moins d’alcool et plus d’eau, et d’après mon expérience, de boire « meilleur ».  J’ai remarqué que plus la qualité du vin était grande, moins agressive était la gueule de bois, probablement en raison d’une concentration moindre de produits chimiques dans le vin. Les vignerons peuvent utiliser de nombreux additifs lors de la fermentation et de la finition des vins, tels que le sucre (pour augmenter le taux d’alcool), des levures pour fermenter, des sulfites pour stabiliser et des exhausteurs pour rehausser les goûts. Plus la qualité du raisin est grande et plus le vigneron est doué, moins il y a besoin d’utiliser des produits chimiques.

Dans la région, Didier Joris, en Valais, élabore une magnifique Syrah ayant un faible taux de sulfites; au-delà de la frontière, en Bourgogne, David Duband à Nuits-Saint-Georges est un bon exemple de comment une viticulture consciente de l’environnement peut produire des vins de qualité, et au sud de la Sicile on peut dire la même chose du Etna Rosso, DOC.  Dans le Nouveau-Monde, de nombreux producteurs expérimentent aussi avec peu ou pas de sulfites.  Je n’ai pas encore trouvé de vin sans sulfites qui soit parfait, mais le Seresin Estate en Nouvelle-Zélande et Dieter Meier en Argentine font un excellent travail et arrivent à maintenir une belle qualité tout en limitant au maximum l’utilisation de sulfites. Alors restez concentrés, buvez avec enthousiasme mais buvez de la qualité.  Bonne Année à vous tous.

www.macbirch.ch

*Pittler Max H, Verster Joris C, Ernst Edzard. Interventions for preventing or treating alcohol hangover: systematic review of randomised controlled trials BMJ 2005; 331 :1515