TENEZ-VOUS PRÊTS, LE BOSS DES BOSSES EST DE RETOUR !

Le légendaire Boss des Bosses, la plus grande compétition de bosses inter-stations d’Europe, revient à Verbier le 15 mars ! Tom Banfield, son fondateur, a organisé le premier Boss des Bosses à Chamonix en 1990, en guise de défi à un ami de Val d’Isère afin de régler leur différend, à savoir quelle station possédait les meilleurs skieurs. L'an dernier, des équipes et supporters de Zermatt, Chamonix et des Portes du Soleil ont rejoint Verbier pour cette compétition de bosses à confrontation directe. Au menu, les équipes de skieurs, snowboardeurs et télémarkeurs se fraient un chemin à travers une section de bosses abrupte et marquent des points en fonction de la rapidité, du style et des sauts.

VL : Comment s'est passée la manifestation de l'an dernier après cinq années de pause ?

TB : Le légendaire phénix est rené de ses cendres et s'est complètement dépoussiéré. Des équipes de Zermatt, Chamonix et des Portes du Soleil sont venues avec des bus remplis de supporters pour profiter d'un spectacle à la fois merveilleux, ludique et amusant. La dernière course a donné lieu à une finale sensationnelle qui a vu Zermatt battre Verbier.

NdR : La manifestation de l'an dernier était un vrai test, surtout au niveau de l'emplacement du parcours. Dans les années 90, les événements Mogul Mania se déroulaient sur les pentes ensoleillées de Fontanet, mais nous avons décidé de créer notre propre parcours spécialement conçu, au milieu des arbres. Il offre une meilleure visibilité en cas de jour blanc, et les spectateurs peuvent accéder au site à pied, évitant ainsi les problèmes de sécurité qui ont écourté l'organisation de la manifestation à Chamonix. Heureusement pour nous, l'idée a été une réussite totale, d'autant que le Rouge se trouve juste en contrebas pour l'After Party et la remise des prix.

VL : À quoi peut-on s'attendre cette année ?

TB : À du grand ski, de la bonne musique, et espérons-le, un beau soleil bien chaleureux. Cette année, les sponsors incluent Faction Skis, Sinner Clothing, Mountain Air, Le Rouge Restaurant, Winslow Breweries, la Pharmacie de la Croix de Cœur, Sungod Goggles, l'office de tourisme de Verbier et Téléverbier.

NdR : Nous avons beaucoup appris de la première édition l'an dernier, notamment comment créer de meilleures bosses et de meilleurs sauts.

VL : Le premier Boss des Bosses a eu lieu il y a 27 ans, il est donc plus âgé que la plupart des concurrents : selon vous, qu'est-ce qui rend cette manifestation aussi populaire auprès des jeunes aujourd'hui ?

TB : C'est seulement Niko et moi qui avons vieilli ! L'événement, lui, est encore tout frais. Le ski de bosses offre toujours un excellent spectacle et le public continue d'être alimenté par un flux incessant de jeunes saisonniers venus vivre leur rêve.

NdR : 1990, c'est comme si c'était hier, et l'esprit est le même. Poursuivre le mode de vie d'un mordu de ski est un choix que seul peu de gens ont le plaisir de réaliser, mais nous avons deux choses en commun : nous adorons rider et faire la fête. Donc toute manifestation louant les deux est vouée au succès.

VL : Comment l'événement a-t-il évolué au fil du temps ?

TB : Nous avons commencé avec une chaîne hifi, un lot de cassettes et un mégaphone, alors avoir des DJ et un véritable système de sonorisation est un progrès formidable. Côté ski, la qualité des sauts et des figures est devenue stratosphérique.

NdR : Des sauts stratosphériques en effet ! Cette année, le champion de France Ben Cavet donnera le ton et skiera pour les Portes du Soleil. Considéré comme l'un des meilleurs skieurs acrobatiques du moment, Ben a récemment remporté une médaille d'argent à la Coupe du monde FIS à Deer Valley aux États-Unis.

VL : Quel est votre plus beau souvenir ?

TB : Il y a eu tellement de moments hilarants et de finales intenses qu'il est difficile de faire un choix.

NdR : L'un de mes meilleurs souvenirs a été de voir l'un de mes coéquipiers racler un très bon skieur de Zermatt alors qu'il était déguisé en banane géante.

VL : Sur qui miseriez-vous cette année ?

NdR : Zermatt l'a souvent emporté par le passé, comme l'an dernier lors de la toute dernière descente face à Verbier. Je miserai sur Verbier, qui prendra sa revanche.

VL : Comment le Boss des Bosses a-t-il atterri à Verbier ?

TB : Je connais Niko depuis la toute première édition du Boss des Bosses, lorsqu'il skiait à Chamonix. Nous nous sommes mis à nous rappeler comment il avait skié pour trois stations différentes lors des trois premières éditions, et après quelques bières de plus, nous avons évoqué la possibilité d'organiser la compétition à Verbier.

En septembre 2015, Niko m'a appelé pour me dire que ses amis Raph et Tash du Rouge tenaient également à amener l'événement à Verbier, du coup, grâce à leur collaboration, le rêve est devenu réalité.

Le parcours se situe au-dessus du Bar 1936, avec un accès piéton facile depuis Carrefour.

11h Inspection du parcours

12h Début de la compétition

15h Grandes finales

17h Remise des prix et After Party au Rouge

22h After After Party au Crock

 


Junior Xtreme 2012

La saison dernière le Freeride Word Tour a introduit une édition Juniors et l’aventure continue cette année avec trois compétitions y compris the Dakine Freeride Juniors Verbier en parallèle avec l’événement principal. Géraldine Fasnacht – elle-même trois fois gagnante de l’Xtreme - accompagne la jeune freerideuse Estelle Balet pendant sa préparation pour cet évènement pour partager et transmettre ses connaissances et son expérience. Ici Géraldine nous donne son avis sur l’émergence de cette nouvelle catégorie.

IMG_0399-1C’est en 2011, que pour la première fois « Les Juniors » arrivent sur le Freeride World Tour de Chamonix et de Verbier. C’est Cyril Neri, trois fois vainqueur de l’Xtreme de Verbier, qui s’occupe de la relève. Pour lui « Les Juniors » étaient le maillon manquant dans la pyramide européenne/mondiale.

L’idée de l’événement c’est une journée de prévention avec des ateliers sécurité, des conférences sur le danger des avalanches et un jour de compétition. En 2011, les deux compétitions ont été annulées en dernière minute pour cause de mauvaises conditions. Ce qui finalement a permis à ces jeunes talents, de partager leur passion du freeride sans la pression de la compétition ce qui à mon avis était une très bonne chose.

Les choix des faces par l’organisation, pour les compétitions « Juniors » doivent présenter suffisamment de dénivelées et de difficultés techniques mais une chute doit impérativement rester sans gravité. Il n’y a pas de zones exposées au-dessus de falaises, une déclivité maximum de 40° et les conditions de neige doivent être optimum.
Les jeunes sont encadrés par des guides de montagnes, des patrouilleurs et des profs de ski/snowboard patentés. De plus lors des ateliers sécurité/choix de ligne, de nombreux autres riders du FWT font une apparition et font profiter les jeunes de leur expérience.
L’an dernier près de 15 nations étaient représentées dont la plupart membres de ski-clubs en section alpine ou freeride.

Estelle Balet, une jeune snowboardeuse passionnée de Vercorin, me raconte comment elle a vécu sa première année sur l’événement et sa préparation pour cette année.

Pourquoi as-tu décidé de participer au Junior Quest l'année dernière ?

J'ai toujours été fascinée par le freeride, surtout quand j'allais voir l'Xtreme de Verbier quand j'étais petite. Alors quand j'ai vu sur le site du FWT qu'une compétition junior était organisée, je n'ai pas hésité une seconde et je me suis directement inscrite. C'était une super occasion pour moi d'avoir un avant-goût du FWT, de pouvoir passer un weekend avec les pros tout en me mesurant à d'autres jeunes de mon âge, de voire ce que je valais.

Comment tu as trouvé les événements à Verbier et Chamonix?

J'ai vraiment adoré ces deux « Events ». Tout était super bien organisé, et on a vraiment appris beaucoup de choses niveau sécurité. Malheureusement, les deux compétitions ont été annulées, une fois à cause du manque de neige et une fois à cause du risque d'avalanche trop élevé. Mais mise à part ça, on a vraiment passé deux super weekends et on s'est bien amusé. C'était vraiment cool d'être avec d'autres jeunes qui partagent la même passion que toi.

Qu'est-ce qui t'a motivé à revenir cette année?

J'ai tellement gardé de bons souvenirs de l'année passée que, cette année, je me suis directement réinscrite pour les trois events. Et vu que je compte participer au FWQ l'année prochaine et que les events Juniors nous rapportent des points, c'est une bonne préparation! Et comme l'année passée, même si la compétition de Chamonix a été à nouveau annulée, j'ai passé un super weekend et je me réjouis d'aller à Fieberbrunn le 10-11 mars!

Ton rêve de rideuse?

Tout d'abord, gagner le Freeride World Tour, et devenir une rideuse pro, pour pouvoir passer le reste de ma vie à rider (bien sûr, c'est un rêve...) !


Anne-Sophie Taurines Nouvellement Nommée Chef Cuisinier au Restaurant et Club Le Rouge.

(2012)

Pensez au nombre de femmes qui sont chefs cuisiniers. Dans une profession dominée par les hommes, c’est dur d’en citer même une. Mais, à partir de cette saison, Verbier en compte bien une. Rencontre avec Anne-Sophie Taurines, nouvellement nommée chef cuisinier au Restaurant et Club Le Rouge.
A la maison, les femmes sont majoritaires dans le domaine de la cuisine et pourtant, malgré les années d’avancées en matière d’égalité dans de nombreuses professions dominées par les hommes, les femmes ne représentent qu’un petit pourcentage dans les cuisines de restaurants. Le travail en cuisine est sans doute un des challenges les plus physiques et émotionnelles qui soit. Se retrouver à la tête d’une équipe à travailler sous pression l’est encore plus - indépendamment de son sexe. Nous avons demandé à Anne-Sophie Taurines, chef cuisinier au Restaurant et Club Le Rouge, de partager ses réflexions quant aux femmes chefs cuisiniers dans un monde dominé par les hommes.

Raw00117 copie OKPour quelle raison pensez-vous qu’il n’y ait pas plus de femmes chefs cuisiniers à Verbier et dans les cuisines professionnelles du monde entier?

D’assumer le poste de chef cuisinier est une nouveauté pour les femmes. Traditionnellement, c’est un monde dominé par les hommes mais le nombre de femmes qui se retrouvent à la tête d’une cuisine est à la hausse d’une année à l’autre. Les programmes TV comme ‘Top Chef’ ont beaucoup aidé, une femme a gagné la version française du show l’an passé. Il y a aussi des grands chefs tels Anne-Sophie Pic, reconnue en tant que Meilleure Femme Chef du monde, qui possède 3 étoiles Michelin.

Est-ce plus difficile pour les femmes de progresser au plan professionnel  dans les professions culinaires?

Oui, c’est plus difficile d’atteindre les échelons les plus élevés de la profession. Il faut se prouver, trouver sa position, que ce soit avec les fournisseurs, l’équipe dans la cuisine ou les clients – c’est sans aucun doute un environnement macho.

Qu’est ce qui vous a inspiré à devenir chef de cuisine?

De faire de la cuisine m’a toujours passionné. Je suis fascinée par les produits et les aliments et j’adore faire ressortir le meilleur de chacun d’eux and de le partager avec les autres. Je voulais également prouver que j’étais capable d’exécuter un rôle difficile. Dans mon premier emploi, j’ai découvert qu’une cuisine professionnelle est un environnement très sexiste. De par cette expérience, je me suis résolue à réussir et à ne pas me retrouver, à nouveau, dans une situation pareille.

Quels sont les avantages et les désavantages de la profession de chef cuisinier en tant que femme et quels obstacles avez-vous rencontré au fils du temps?

Il y a de nombreux obstacles. On doit faire face aux humeurs de certains hommes ! (rires) Du côté des désavantages, je dirais la force physique. Le travail en cuisine nécessite souvent de soulever de l’équipement lourd. Quant aux obstacles, vous devez décider si vous voulez les surmonter et réussir ou si vous allez les laisser vous vaincre. Avantages ? La présence d’une femme peut apporter de l’équilibre dans un environnement bourré de testostérone. Les femmes chefs voient peut-être les choses sous un angle différent des hommes que certains pourraient considérer rafraîchissant. Je crois que la touche féminine apporte un certain raffinement à mon travail.

Quels autres éléments empêchent les femmes d’être à la tête d’une cuisine?

C’est légèrement plus difficile d’avoir une famille, mais ceci est une épreuve dans toutes les professions et une qui est surmontable. Ce n’est pas un problème pour moi, bien que j’aie un chiot, un Bouledogue français, qui s’appelle ‘Gaspacho’ dont je dois m’occuper quand je ne suis pas dans la cuisine !
(Portez une attention particulière à la terrasse du Rouge cet hiver, vous y verrez peut-être Gaspacho !)

Quels sont les objectifs pour votre poste de chef cuisinier au Rouge?

Mes objectifs sont d’utiliser des produits de qualité venant de la grande étendue régionale entre la Bourgogne et la Vallée d’Aoste – nous appelons ça la cuisine du terroir. J’aimerais également apporter une touche personnelle à un jeune établissement. Je suis aussi consciente de la situation économique actuelle et j’aimerais répondre aux besoins de tous. Je veux que tout le monde puisse vivre un moment inoubliable au Rouge.


Charlie Elmore...Et je suis encore là pour raconter l’histoire suivante.

La vie de Charlotte Elmore a basculé en un instant. Elle était entrain de faire du snowboard et le moment d’après, elle était dans un coma.

Je suis une monitrice de snowboard, travaillant constamment afin d’atteindre les niveaux les plus élevés du système BASI. J’ai passé deux ans au « SNO !zone » à Milton Keynes au Royaume-Uni, suivi de cinq hivers ici à Verbier chez Altitude. Un ami très proche m’a demandé de venir l’aider aux camps d’entraînements de snowboard à Mayrhofen en Autriche et c’est avec grand plaisir que j’ai accepté. J’avais hâte d’y aller et il y avait de quoi – c’était une station magnifique et les snowparks étaient incroyables, avec de différents niveaux pour chaque snowboardeur : une station parfaite pour ce camp d’entraînement.
Et bien, le snowpark apporte beaucoup de plaisir jusqu'à ce qu’on ait un accident, oups. Au début de la deuxième semaine, nous montrions la station à un groupe et nous nous amusions beaucoup dans les snowparks, avec des casques bien sûr, jusqu'à ce que tout ait mal tourné.

Je m’étais élancée sur un kicker de 11 mètres de long, que j’avais exécuté de nombreuses fois auparavant, mais ce dernier saut ne s’est pas bien terminé… Je faisais joyeusement du snowboard en Autriche et avant que je ne m’en rende compte,  nous étions en mars, deux mois plus tard, et j’étais en Angleterre, dans une unité neurovasculaire. « Oh là, combien d’années est-ce que ça fait ? » fut ma première pensée !

Grâce à mon casque, je suis en mesure d’écrire ce récit et j‘en suis fière. Et bien devinez quoi, j’avais une lésion cérébrale « grave » (les traumatismes crâniens ne sont-ils pas tous graves ?).

Quand j’ai découvert la taille du kicker, j’ai demandé à mon ami « ouah… je te parie que je n’ai même pas réussi à atterrir… je suppose que je suis tombée sur le plat/arrête? » « Non, non, Charlie, la distance n’était pas le problème. L’aire d’atterrissage était fortement défoncée »  i.e. creusée par l’atterrissage des personnes précédentes. Une mise en garde aux personnes qui s’occupent du maintien du snowpark, je crois !
Je n’ai passé que trois mois dans trois hôpitaux. « Seulement trois mois ?! » est la réponse habituelle. Et bien, oui. J’ai rencontré beaucoup de patients souffrant de traumatismes crâniens dans mes hôpitaux, qui passaient jusqu'à un an, ou dans les cas graves, plus d’une année à l’hôpital suivant leur accident. 16 jours à Innsbruck aux soins intensifs dans une clinique (dont 10 jours dans un coma artificiel), six semaines dans un hôpital à Luton (oui, il y a de meilleurs endroits où se réveiller), puis six semaines dans un hôpital à Londres. Durant mes quatre derniers week-ends à l’hôpital, je pouvais rentrer à la maison le week-end. Cela a été magnifique, merveilleux, excellent, apaisant, bref, tous les mots qui décrivent le bonheur.

Le soutien que ma famille et mes amis de Verbier m’ont apporté et que je reçois encore maintenant est remarquable. Six personnes ont pris un vol pour venir me voir quand je séjournais dans mon dernier hôpital.  Les emails furent extraordinaires, les nombreuses visites de mes amis furent fantastiques et les cadeaux, tous si touchants. De par la tonne de chocolat que j’ai reçu, l’accident en valait presque la peine. Blague à part, aucune quantité de chocolat ne vaut la peine de subir ce que j’ai vécu.
De retour à la clinique d’Innsbruck, où j’avais été dans un coma, mon rétablissement rapide impressionnait les docteurs. Je pense que mon prompt rétablissement est dû au fait que je sois jeune (26 ans, c’est jeune, non ?), en bonne condition physique, en bonne santé, mais avant tout, dotée d’une extrême détermination, un facteur qui m’a permis de m’en sortir.
Dans les premiers jours, mes parents ont été avertis « Nous ne savons pas si elle va avoir de la perte de mémoire à long ou à court terme… donc il se peut qu’elle ne vous reconnaisse pas ». Pouvez-vous vous imaginer d’entendre cela ? La minorité des patients avec des traumatismes crâniens ont une perte de mémoire à long terme : ils ne reconnaissent pas leur famille, leurs amis, leur maison, ils ne se rappellent pas de leur jeunesse entière. Mais non, moi,  j’ai livré bataille. Au début,  j’ai souffert d’une perte de mémoire à court terme, et même aujourd’hui, j’ai, de temps en temps, un petit hic relatif à ma mémoire à court terme.
Pour en finir avec cette histoire « pause café », j’aimerais vraiment souligner l’importance quant au port du casque lorsque vous participez aux sports de neige. La compagnie d’assurances n’a demandé que trois questions à mes parents:
-‘Prenait-elle part à une compétition ?’
-‘Etait-elle dans un snowpark officiellement marqué ?’
-‘Portait-elle un casque ?’
La décision vous appartient.