DAVID ZINCKE AND THE SONS OF GUNS

Quand vous pensez à un groupe d’après-ski en station, peut-être vous imaginez-vous un groupe moyen qui joue de la musique de fond pendant que vous buvez un verre - vous n’imaginez pas entendre des musiciens talentueux et de classe mondiale. Bienvenue à l’Après-Ski au Farinet, avec David Zincke et les Sons of Guns.

David Zincke et les Sons of Guns ne sont pas des nouveaux-venus dans la scène de l’après-ski à Verbier. Un signe de leur familiarité avec les lieux est la rangée de Jägerbombs qui les attend au bar. Ils viennent d’arriver à Verbier, Faye joue son premier set sur scène, alors pourquoi ne pas commencer la semaine avec un shot! Medi préfère une tasse de thé, il est peut-être en train de modérer son allure, il sait ce qui l'attend durant la semaine à venir...

L’Après-ski au Farinet est une institution, l’endroit où vous entrez juste pour boire un verre et où avant de vous en rendre compte, vous pourriez être en train de boire de la vodka caramel directement depuis le ski à shots et de danser sur le bar en chaussures de ski. Aymeric Ardimanni, l’homme à la barbe, est bien connu à Verbier et est venu jouer au Farinet avec différents groupes depuis plus de six ans. Basé dans le Sud de la France, c'est là qu’il a rencontré les autres membres du groupe : Jack Daniel, Tim Parisot et Scott Richman pour fonder le groupe « The Sons of Guns ». Le groupe talentueux est ensuite devenu le groupe permanent du songwriter David Zincke. Ajoutez Medi, le multi-instrumentiste et producteur, et vous obtenez le « super groupe » d'après-ski. (Medi est en train de produire le prochain disque de David Zincke, « Soul and Bones », qui sortira dans le courant de cette année.)

Une des premières questions que je leur pose: « ne devient-il pas ennuyeux à la longue de jouer des reprises alors que vous tous écrivez et jouez votre propre musique? » La réponse est un rapide et simple « non » de la part de tous les membres du groupe. Pouvoir venir à Verbier est l’occasion pour tous de passer du bon temps ensemble, loin des distractions de la vie de tous les jours en France. Sur scène, ils donnent vraiment l’impression de prendre du plaisir plutôt que de simplement faire machinalement un boulot alimentaire. Leur amour de la musique dégouline à travers les sous-vêtements thermiques des clients fraîchement descendus des pistes. Ils ne « reprennent » pas seulement une chanson, ils la jouent à leur manière. Vous finissez par apprécier des morceaux que vous ne saviez même pas que vous aimiez.

N’importe quel groupe venant sur la scène de l’Après-Ski ne peut rester indifférent au public de Verbier et à la fête ou carrément au délire total qui arrive souvent au Farinet. Avec des pichets de bières qui volent à travers toute la salle, des fans qui se lancent dans le public depuis la scène en chaussures de ski ou des filles qui dansent sur le bar en soutien-gorge, tout cela fait partie du jeu. Par chance, ils apprécient l’atmosphère complètement dingue, ou le défi d’en créer une. Les « Sons of Guns » adoptent complètement l’esprit de l’après-ski, buvant parfois des shots de Vodka directement au goulot entre les morceaux. Et il s’agit aujourd’hui d’une soirée calme. On comprend facilement pourquoi ils ne sont pas les premiers aux remontées mécaniques le matin.

Une autre raison pour laquelle vous ne les verrez pas faire la queue à Médran est qu’aucun membre du groupe ne pratique le ski ou le snowboard. La principale raison pour laquelle ils ne s’aventurent pas sur les pistes est le risque de se casser un bras ou toute autre forme de blessure. Aymeric s'est pourtant blessé en traversant la Place Centrale (ce n'est ni le premier, ni le dernier à se blesser tard dans la nuit...). Les bottes d’un musicien venant du Sud de la France ne sont pas adaptées aux routes enneigées.

Comme dans tous les groupes, chacun a son rôle - le chanteur, le batteur, - des egos qui luttent pour la place sur scène. Dans ce groupe, David Zincke a peut-être son nom en évidence sur l'affiche, mais retournez-vous un instant pour commander une boisson, et toute la configuration a changé le temps que vous vous retourniez! Le batteur est devenu le chanteur, le claviériste joue de la guitare et l’un d’entre eux est peut-être debout derrière le bar. Ce n’est pas surprenant qu’ils ne s'ennuient jamais. Je leur ai demandé s’ils avaient quelques anecdotes préférées à raconter sur leurs expériences à Verbier. Après quelques marmonnements, la conclusion était claire, cela ne servait à rien de me raconter quoi que ce soit, car je n'aurais de toute façon pas pu décemment publier leurs histoires. Pas de problème. Ils rajouteront sans aucun doute quelques histoires à leur collection lorsqu’ils seront de retour ce mois, les 14 et 15 mars. Si vous appréciez la musique live, vous vous devez d'assister à un concert de David Zincke et les Sons of Guns - et si vous pensez que vous n'aimez pas la musique live, vous l’apprécierez après avoir vu ce groupe à l’œuvre.

 


TENEZ-VOUS PRÊTS, LE BOSS DES BOSSES EST DE RETOUR !

Le légendaire Boss des Bosses, la plus grande compétition de bosses inter-stations d’Europe, revient à Verbier le 15 mars ! Tom Banfield, son fondateur, a organisé le premier Boss des Bosses à Chamonix en 1990, en guise de défi à un ami de Val d’Isère afin de régler leur différend, à savoir quelle station possédait les meilleurs skieurs. L'an dernier, des équipes et supporters de Zermatt, Chamonix et des Portes du Soleil ont rejoint Verbier pour cette compétition de bosses à confrontation directe. Au menu, les équipes de skieurs, snowboardeurs et télémarkeurs se fraient un chemin à travers une section de bosses abrupte et marquent des points en fonction de la rapidité, du style et des sauts.

VL : Comment s'est passée la manifestation de l'an dernier après cinq années de pause ?

TB : Le légendaire phénix est rené de ses cendres et s'est complètement dépoussiéré. Des équipes de Zermatt, Chamonix et des Portes du Soleil sont venues avec des bus remplis de supporters pour profiter d'un spectacle à la fois merveilleux, ludique et amusant. La dernière course a donné lieu à une finale sensationnelle qui a vu Zermatt battre Verbier.

NdR : La manifestation de l'an dernier était un vrai test, surtout au niveau de l'emplacement du parcours. Dans les années 90, les événements Mogul Mania se déroulaient sur les pentes ensoleillées de Fontanet, mais nous avons décidé de créer notre propre parcours spécialement conçu, au milieu des arbres. Il offre une meilleure visibilité en cas de jour blanc, et les spectateurs peuvent accéder au site à pied, évitant ainsi les problèmes de sécurité qui ont écourté l'organisation de la manifestation à Chamonix. Heureusement pour nous, l'idée a été une réussite totale, d'autant que le Rouge se trouve juste en contrebas pour l'After Party et la remise des prix.

VL : À quoi peut-on s'attendre cette année ?

TB : À du grand ski, de la bonne musique, et espérons-le, un beau soleil bien chaleureux. Cette année, les sponsors incluent Faction Skis, Sinner Clothing, Mountain Air, Le Rouge Restaurant, Winslow Breweries, la Pharmacie de la Croix de Cœur, Sungod Goggles, l'office de tourisme de Verbier et Téléverbier.

NdR : Nous avons beaucoup appris de la première édition l'an dernier, notamment comment créer de meilleures bosses et de meilleurs sauts.

VL : Le premier Boss des Bosses a eu lieu il y a 27 ans, il est donc plus âgé que la plupart des concurrents : selon vous, qu'est-ce qui rend cette manifestation aussi populaire auprès des jeunes aujourd'hui ?

TB : C'est seulement Niko et moi qui avons vieilli ! L'événement, lui, est encore tout frais. Le ski de bosses offre toujours un excellent spectacle et le public continue d'être alimenté par un flux incessant de jeunes saisonniers venus vivre leur rêve.

NdR : 1990, c'est comme si c'était hier, et l'esprit est le même. Poursuivre le mode de vie d'un mordu de ski est un choix que seul peu de gens ont le plaisir de réaliser, mais nous avons deux choses en commun : nous adorons rider et faire la fête. Donc toute manifestation louant les deux est vouée au succès.

VL : Comment l'événement a-t-il évolué au fil du temps ?

TB : Nous avons commencé avec une chaîne hifi, un lot de cassettes et un mégaphone, alors avoir des DJ et un véritable système de sonorisation est un progrès formidable. Côté ski, la qualité des sauts et des figures est devenue stratosphérique.

NdR : Des sauts stratosphériques en effet ! Cette année, le champion de France Ben Cavet donnera le ton et skiera pour les Portes du Soleil. Considéré comme l'un des meilleurs skieurs acrobatiques du moment, Ben a récemment remporté une médaille d'argent à la Coupe du monde FIS à Deer Valley aux États-Unis.

VL : Quel est votre plus beau souvenir ?

TB : Il y a eu tellement de moments hilarants et de finales intenses qu'il est difficile de faire un choix.

NdR : L'un de mes meilleurs souvenirs a été de voir l'un de mes coéquipiers racler un très bon skieur de Zermatt alors qu'il était déguisé en banane géante.

VL : Sur qui miseriez-vous cette année ?

NdR : Zermatt l'a souvent emporté par le passé, comme l'an dernier lors de la toute dernière descente face à Verbier. Je miserai sur Verbier, qui prendra sa revanche.

VL : Comment le Boss des Bosses a-t-il atterri à Verbier ?

TB : Je connais Niko depuis la toute première édition du Boss des Bosses, lorsqu'il skiait à Chamonix. Nous nous sommes mis à nous rappeler comment il avait skié pour trois stations différentes lors des trois premières éditions, et après quelques bières de plus, nous avons évoqué la possibilité d'organiser la compétition à Verbier.

En septembre 2015, Niko m'a appelé pour me dire que ses amis Raph et Tash du Rouge tenaient également à amener l'événement à Verbier, du coup, grâce à leur collaboration, le rêve est devenu réalité.

Le parcours se situe au-dessus du Bar 1936, avec un accès piéton facile depuis Carrefour.

11h Inspection du parcours

12h Début de la compétition

15h Grandes finales

17h Remise des prix et After Party au Rouge

22h After After Party au Crock

 


Bottle Brothers

Nouveau cet hiver, Bottle Brothers vient étoffer la liste de restaurants et de bars mondialement célèbres de Verbier. Le cofondateur Benjamin Luzuy fait part à Verbier Life de la passion qui anime ce projet et raconte comment la vie à Verbier se compare avec Genève.

Créé en 2003 au cœur du quartier des Eaux-Vives de Genève par Benjamin Luzuy et Daniel Howald, Bottle Brothers est un bar cocktail avec gastronomie contemporaine. L'établissement compte aujourd'hui deux marques : Bottle Brothers et Grand Bottle. À l'heure actuelle, Ben et Daniel continuent de développer leur activité au sein de leur nouveau site de montagne, à l'hôtel Nevaï.

VL : Comment Daniel et toi vous êtes-vous rencontrés et comment en êtes-vous venus à créer « Bottle Brothers » ?

Au départ, Daniel était client de Gourmet Brothers, mon service traiteur à Genève. Après quelques dîners, nous avons fini par devenir amis. Un jour, il est venu me voir pour me dire qu'il possédait un local commercial aux Eaux-Vives, et qu'il souhaitait s'associer et ouvrir un bar à vins. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec ce super mélange de mini burgers et de cocktails créatifs au sein d'un lieu bondé et animé. Bottle Brothers était né !

VL : Pour quelles raisons avez-vous décidé de vous lancer à Verbier ?

Pour le coup, c'est plutôt Verbier qui nous a choisi en nous offrant une opportunité que nous ne pouvions refuser. Fin novembre, j'ai reçu un coup de fil d'une amie suédoise me demandant si j'étais intéressé à ouvrir un restaurant éphémère au Nevaï. Le lendemain matin, je suis venu voir l’endroit et nous avons signé pour la saison entière, seulement deux semaines avant l'ouverture. Ça a été un sacré défi, mais ça en valait vraiment la peine !

VL : Tu as séjourné dans de nombreuses stations de ski : qu'est-ce qui, selon toi, différencie Verbier des autres stations ?

Déjà, je dirais que c'est la Mecque du ski extrême. Les gens viennent du monde entier pour se mettre au défi sur certaines des pistes les plus emblématiques d'Europe et sur de superbes parcours de freeride. La qualité des équipements, la beauté du panorama et l'atmosphère conviviale complètent une offre imbattable. L'ambiance de fête aussi est extraordinaire, et c'est ce tout réuni qui fait que Verbier est à la fois si unique et si cosmopolite.

VL : Parle-nous de ton équipe à Bottle Brothers Verbier.

L'équipe Verbier Bros est un mélange intéressant. Nous voulions que des membres de notre équipe de Genève assurent ici le même niveau de qualité, et aussi trouver quelques talents du coin pour faire en sorte de comprendre et de travailler en adéquation avec le microcosme local. Nous nous sommes donc retrouvés avec deux codirecteurs, Thibaut de Verbier et Nico de Genève, et Colin, notre chef cuisinier. Derrière le bar, vous trouverez Jordan, notre chef de bar. Le reste de l'équipe est constitué de talents provenant de régions diverses, mais tous animés par la même passion.

 VL : Quel est ton cocktail et ton plat préférés sur la carte ?

C'est drôle que tu me poses cette question parce que, même si je les adore, je bois généralement peu de cocktails dans mon propre bar. Ça peut sembler étrange, mais j'essaie de suivre le proverbe : « Never get high on your own supply » ! Mais j'avoue que j'adore le Subtil Saint Germain. Le mélange de gin, de concombre, de liqueur de sureau et de pomme est si frais que l'on se sent requinqué chaque fois qu'on en boit un.

Côté cuisine, j'opterais pour l'agneau. Nous le cuisons pendant 15 heures à 59°C précisément, et la texture autant que le goût sont juste incroyables. Les cocktails et les plats sont tous personnalisés, donc ce que je préfère, c'est laisser mon personnel me surprendre !

VL : Qu'aimes-tu faire en dehors de Bottle Brothers, si tu as le temps ?

Étant donné mes nombreuses passions, le temps est une problématique évidente pour moi, mais, par chance, mon hyperactivité m'empêche de trop dormir. J'adore tous les types de sports extrêmes, comme le ski et le snowboard bien sûr, mais aussi le saut en parachute, le kitesurf et bien d'autres. Voyager et découvrir de nouvelles cultures fait également partie de mes principaux buts dans la vie.

VL : Des projets pour l'avenir ?

Notre principal objectif est d'exporter Bottle Brothers à d'autres pays et de créer une véritable communauté Bros partout dans le monde. Mais, dans l'immédiat, nous voulons continuer à nous développer en Suisse. Si tout se passe bien, nous ouvrirons à Lausanne au printemps et à Zurich à l'automne prochain. Du reste, j'ai beaucoup d'autres projets en tête mais je n'ai pas le droit d'en parler pour l'instant...

Bottle Brothers est ouvert tous les jours de 16h à minuit. www.bottlebrothers.ch/bottle-verbier


Nouvelle année, nouvelles habitudes

 

Toutes choses considérées, 2016 a été une année plutôt difficile. Guerres, crises de réfugiés, incertitude économique, chocs politiques et multiplication des catastrophes écologiques ont tous contribué à donner à Mère Nature et à ses habitants quelques bonnes frayeurs l'an passé.On pourrait facilement se sentir abattu et impuissant face à ces prévisions alarmistes qui n'en finissent plus de se succéder.

Néanmoins, comme le souligne Maev Cox, un climat de changement positif est actuellement en gestation dans la région, et, à l'occasion de la nouvelle année, nous avons tous reçu la merveilleuse opportunité de prendre un nouveau départ.

Verbier est niché dans un petit coin de paradis, et il est difficile de croire que, dans cet écrin de montagne, quelque chose d'aussi menaçant que le changement climatique avec toutes ses conséquences effroyables puisse exister. Mais les preuves s'accumulent et se voiler la face n'est plus au goût du jour. La bonne nouvelle est que, entre l'arrivée de nouvelles entreprises innovantes et l'existence d'anciennes pratiques rurales, nous sommes en excellente position pour mettre en place de nouvelles habitudes de vie capables de faire la différence pour le bien-être futur de notre planète.

« En Suisse, chaque personne consomme en moyenne 125 kg de plastique par an », déclare Sabrina Fellay, copropriétaire de Chez Mamie, le nouveau magasin « zéro déchet » du Châble. « Même si nous pouvions réduire ce chiffre de moitié, ce serait une belle avancée. » Frustrées de ne parvenir à s'approvisionner correctement en produits bio et locaux pour nourrir leurs proches, Sabrina et sa sœur Nadia ont récemment ouvert leur propre magasin. Auparavant, elles devaient faire de longs trajets et, à leur plus grande déception, se retrouvaient avec des poubelles pleines de déchets. Comme les rayons de Chez Mamie sont dépourvus de sacs, les clients sont tenus d'amener leurs propres contenants ou d'acheter les bocaux ou les sacs réutilisables vendus au magasin. Ce dernier propose principalement des produits non-périssables, tous sélectionnés selon deux critères : être aussi locaux que possible et achetés en gros, ce qui réduit ainsi les déchets dus au transport et aux emballages. Lorsqu'elles ne peuvent se fournir en local, les sœurs s'efforcent de s'approvisionner auprès de petits producteurs, évitant ainsi toute exploitation de main d'œuvre.

Sans aucun prospectus ni cartes à distribuer, le magasin joint les actes à la parole, plaçant leur éthique d'impact minimal sur tous les fronts. Même les tables sur lesquelles sont exposés les produits sont faites de bois local, avec quelques autres meubles hérités de leur grand-mère qu'elles ont revalorisés. Dans un monde où généralement la facilité l'emporte, cette entreprise fait figure d'initiative audacieuse. « Nous devions le faire... quelqu'un le devait. Ça fait peur, mais c'est une aventure passionnante », confie Sabrina.

Plus haut, dans le village de Verbier, se trouve la laiterie de Verbier, une entreprise que gère la famille Dubusson depuis de nombreuses années. Marc, qui a récemment succédé à son père au poste de directeur, a vu changer les habitudes des consommateurs depuis qu'il a commencé à travailler au magasin il y a près de dix ans. « Les habitudes des gens évoluent ; le magasin était vide autrefois, alors qu'aujourd'hui, de plus en plus de gens achètent leurs produits laitiers directement chez nous. » La fabrique produit tout un éventail de fromages : raclette, tomme, sérac, ainsi que de yaourts. Ce sont treize producteurs locaux, de Verbier et du Châble, qui fournissent leur lait à la laiterie chaque jour. Vous avez le choix : soit d'aller chercher vos produits préconditionnés, soit d'amener vos propres contenants et de les faire remplir.

Plus bas dans la vallée, Prarayer abrite l'exploitation de Pierre-Alain et Catherine Michellod, une autre famille dont le nom est gravé dans les livres d'histoire de Bagnes. Les vaches, les cochons et les agneaux qu'ils élèvent sont abattus à 5 minutes de la ferme à l'abattoir du Châble et sont vendus par quart, moitié ou entier directement aux particuliers. L'acheteur doit être présent au moment de la découpe de l'animal afin d'en choisir les parties désirées et de les emballer sous vide. Le système est efficace, les animaux ne ressentent presque aucun stress, et bien sûr, le coût énergétique est très faible.

 

Le secteur du tourisme de luxe ne fait rien pour se mettre au vert bien que des entreprises locales aient décidé de se retrousser les manches. The Lodge de Richard Branson a adopté le programme « Give me tap! », qui a pour but de promouvoir l'utilisation de bouteilles réutilisables et de faire don de l'argent des ventes à des programmes de distribution d'eau potable en Afrique. Même si les bouteilles d'eau sont recyclées, le produit obtenu n'est pas recyclable, si bien qu'au final, elles terminent dans des décharges, souillant la terre à jamais.

Que cela nous plaise ou non, nous devons en assumer la responsabilité. Et bien que nous puissions avoir l'impression que nos efforts personnels sont insignifiants face à la quantité colossale de carbone émise par notre civilisation moderne, l'action individuelle est véritablement porteuse d'espoir. Accueillez 2017 à bras ouverts, et comme le dit l'activiste zéro déchet Béa Johnson, aspirez à « une vie basée sur le principe d'être plutôt qu'avoir ».

Dix petits changements, une énorme différence

- Gardez tous vos bocaux et vos bouteilles, puis réutilisez-les.

- Évitez les plastiques à tout prix. À l'épicerie, pesez vos fruits sans sac ou apportez vos propres sacs en coton. Les produits toxiques des emballages pénètrent dans nos aliments.

- Mangez local et bio autant que possible. Le transport des produits alimentaires est l'un des principaux facteurs d'émission de gaz à effet de serre, et de nombreux engrais chimiques sont dérivés des combustibles fossiles.

- Réduisez votre consommation de viande et de produits laitiers, et à nouveau, achetez local. L'élevage est l'une des plus grandes sources d'émission de carbone.

- Composter vos aliments. Même si vous vivez en appartement, c'est possible en fréquentant les espaces verts de votre quartier.

Impliquez-vous au sein de votre communauté et favorisez les échanges, surtout pour les vêtements et les jouets dont la popularité fluctue.

- Économisez l'énergie. Veillez à bien éteindre vos appareils électriques lorsque vous ne vous en servez plus et passez aux ampoules à LED.

- Fabriquez vos propres produits de nettoyage. Vous serez surpris de voir combien de nettoyants toxiques le vinaigre et le bicarbonate de soude peuvent remplacer.

- Dites « stop » aux publicités et aux cadeaux par courrier, vous en freinerez ainsi la demande.

- Éduquez la nouvelle génération... en montrant l'exemple.

 


Fondateur duVerbier Festival Martin Engström

Le programme du Verbier Festival est élaboré avec soin et même si certains éléments vous paraissent un peu différents, vous pouvez être certain que leur inclusion n’est pas fortuite. Martin Engström, le Fondateur et Directeur Général du Festival, nous explique l’importance et la pertinence du répertoire non-classique.

Youn Sun Nah
Youn Sun Nah

Cette année, le Festival inclut Mozart, Mahler and Chostakovitch aux côtés de l’imprésario de sitar Anoushka Shankar, du guitariste tzigane Roby Lakatos, de la chanteuse de jazz coréenne Youn Sun Nah (un rendez-vous nocturne fidèle à l’ambiance du jazz), et  de l’indéfinissable groupe Pink Martini. Martin explique que lorsqu’il planifie le festival, il adopte une vue d’ensemble.

"Bien qu’il s’agit d’un festival de musique classique, l’accent est mis sur l’apprentissage et la jeunesse. Le but du Festival a toujours été d’attirer un public qui prévoit demeurer à la montagne pendant quelques jours, voir plus longtemps, et de leur proposer une offre et une expérience diversifiée. Il est donc indispensable d’introduire un peu de variété au programme".
"Nous cherchons également à impliquer les familles; les vacances d’été avec les enfants plus âgés sont plein de compromis et venir à la montagne présente une solution idéale. Pendant la journée, chaque membre de la famille peut poursuivre ses différents centres d’intérêts; les parents peuvent aller randonner ou se détendre avec un livre, les enfants peuvent aller à la piscine ou partir à la rencontre de leurs amis, et Verbier satisfait tous ces critères. J'espère que, le soir, nous les inciterons à se retrouver autour d’un concert. Ceci est une autre raison pour laquelle nous introduisons un répertoire plus léger au programme. D’ailleurs nous offrons tous les jours une option bon marché  avec nos répétitions publiques et master class. Nous avons calculé que, chaque année, 10.000 personnes participent au Festival sans jamais acheter un billet, ils assistent simplement aux événements gratuits et rejoignent l'atmosphère du Festival par amour pour la musique, la nature et Verbier".

Martin maintient que, malgré son fort penchant pour la musique classique, il apprécie également d’autres genres de musique, et suppose que cela est probablement de même pour le public. « Dès le début, le Verbier Festival a accueilli les musiques du monde et les éléments alternatifs» (des artistes tels que Björk, Chick Corea, Bobby McFerrin et Rufus Wainwright). Je lui souligne toutefois que tous ces concerts non-classiques présentent tout de même  des musiciens hautement qualifiés. Il me répond que « la qualité et l’adéquation doivent être en accord avec l’offre globale du Festival. Les artistes programmés doivent répondre à des critères très précis». Martin ne me donne pas l’impression que le Festival soit prêt à accueillir des groupes de rock au Verbier Festival, bien que le groupe Pink Martini fera le public taper du pied à un rythme différent; leur hit populaire ‘Sympathique’ (autrement dit ‘Je ne veux pas travailler’) animera la Salle des Combins le 1 août, jour de la fête nationale suisse.
PinkMartini(c)JamesChaingToutefois, bien que Martin aime encourager ses musiciens classiques à prendre des risques calculés au Verbier Festival - soit en interprétant un nouveau répertoire ou en se produisant sur scène avec de nouveaux collègues -  il avoue que lorsqu’il est question d’artistes non-classiques, il agit avec beaucoup de prudence. « En tant que directeur artistique, j’assume mes choix pour le Festival. Il y a une relation de confiance entre un promoteur et son public, et le public du Verbier Festival, adepte de musique classique, me fait confiance pour être avant-gardiste, mettre en valeur les nouveaux talents, leur présenter les toutes dernières découvertes et les faire progresser dans leurs connaissances. Toutefois, lors de la programmation d’artistes non-classiques, je reste dans le domaine de mes connaissances et j’invite uniquement les musiciens ayant déjà fait leurs preuves et à qui je fais confiance».
Il y a une autre logique derrière cette stratégie. Martin explique qu’il espère également que ces artistes non-classiques toucheront un public plus large et encourageront peut-être les non-initiés, une fois en ville, à oser une première incursion dans la musique classique.

Le Verbier Festival, actuellement le plus grand festival de musique classique non urbain en Europe, fut inspiré par les grands festivals en plein air qui se déroulent chaque année aux Etats-Unis, en particulier l’Aspen Festival, qui se distingue également par la beauté des paysages environnants. Fondamentalement, la vision de Martin n’a jamais été de se focaliser sur des artistes individuels, mais de créer une ambiance où l’énergie d’un lieu, la musique, la jeunesse et l'expérience s’épanouissent côte à côte afin de créer une atmosphère joyeuse et chaleureuse qui peut se résumer tout simplement par la formule: «Come up and cool down».