La vie de rêve à Verbier

Beaucoup rêvent de vivre et de travailler à Verbier. On ne compte plus le nombre de gens qui ont débarqué à Verbier pour un séjour d’une semaine ou une saison puis qui ne sont jamais repartis, préférant refaire leur vie dans les Alpes. Ce mois-ci, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui ont créé l’activité de leurs rêves dans nos montagnes… 

SOFIA M. SOMMER – MONITRICE DE SNOWBOARD 

Je suis originaire d’Argentine et j’ai débarqué pour la première fois à Verbier en 2003. Au début, il n’y avait que le snowboard qui comptait, alors j’ai pris le premier boulot qui passait pour payer mon loyer et rider autant que possible. J’ai vite réalisé que ce que je souhaitais, c’était allier ma passion pour le snowboard à la satisfaction d’enseigner. 

À cette époque, je faisais les saisons d’hiver à Verbier puis en Argentine. Pendant 14 ans, ma vie a été un hiver sans fin. J’étais tellement heureuse ! J’ai effectué tous les stages d’enseignement nécessaires, et au bout de cinq ans, je suis devenu entraîneuse avant d’obtenir mon diplôme suisse. J’ai ensuite travaillé pour différentes écoles et ai dirigé un club de snowboard en Argentine. J’ai toujours accordé la priorité au snowboard et aux voyages, mais surtout aux journées de peuf ! 

Après quelques années à travailler pour une autre école, mon mari, son frère et moi avons décidé de créer l’école Independent Snowboard School. Nous souhaitions mettre en place quelque chose de différent et entièrement axé sur le snowboard. Par la suite, nous avons créé le Snowboard Club avec l’idée de faire découvrir le snowboard à la communauté locale, surtout aux enfants. 

L’enseignement est un travail tellement plaisant et varié. Enseigner sa passion est vraiment très enrichissant, et j’en retire beaucoup de joie. Ce que je préfère maintenant que j’ai mes propres enfants, c’est d’aller rider avec eux. Le temps passe vite, mais, comme tout le monde le sait, le froid conserve ! 

OSKAR HALL – PHOTOGRAPHE  

J’ai la chance de pouvoir arpenter ces montagnes depuis les années 90 et d’avoir pu assister à l’évolution de Verbier, d’un village alpin à une station de ski de renommée mondiale. Vers l’âge de 12 ans, mes potes et moi étions passionnés par les films de ski, si bien que nous nous sommes mis à filmer nos exploits, notamment nos premières figures et de petits couloirs.

En grandissant à Verbier, il nous arrivait souvent de voir des rideurs professionnels filmer ici. Je regardais avec émerveillement la coordination et la fluidité des équipes, des skieurs aux caméramans/photographes, et je rêvais de faire partie un jour de tout cela. Quelques années plus tard, après une licence de Beaux-Arts, j’ai effectué un stage chez Faction : prise de commandes, chat en direct, etc. J’étais refait d’avoir un pied dans l’une de mes marques préférées. Tout au long de mon stage, j’ai harcelé mon ami et gestionnaire de contenu, Tim, au sujet de ma passion pour la photographie. Je l’ai imploré de m’envoyer gratuitement sur des shootings afin que j’engrange de l’expérience. Finalement, à l’âge de 25 ans, et heureusement pour moi, Tim m’a donné la chance de ma vie : shooter pour le long métrage « The Collective ». Dans le jardin de Candide à Balme, je me suis retrouvé avec mon appareil entouré de toutes mes idoles. Nous avons shooté pendant près de deux semaines et je dois avouer que tout cela était assez surréaliste. Je voyais tous mes rideurs préférés défiler juste devant mon objectif. Aujourd’hui, je suis photographe résident et fais partie de la famille Faction et FW Gear, le travail de mes rêves.  

CLARE PARKER – ORGANISATRICE D’ÉVÉNEMENTS 

J’ai débarqué à Verbier à la fin de mes études au Royaume-Uni, prête pour une saison de ski en tant qu’hôte de chalet, avant de rentrer chez moi. Mais je suis restée et 2020 marque ma 20e année ici – que le temps passe vite ! Après plusieurs saisons, je me suis dit que si je voulais rester, il me fallait un travail à l’année. J’ai débuté au sein du King’s Group, où je m’occupais du marketing, de la communication et des événements. Étant donné que j’aimais beaucoup l’organisation d’événements, j’ai créé il y a cinq ans ma propre entreprise, RSVP Events Verbier.

Nous organisons des mariages dans des lieux exceptionnels, des fêtes mais aussi des voyages d’entreprise sur mesure. La semaine dernière, nous avons été chargés d’organiser une fête à Courchevel seulement la veille. Notre équipe a fait les trajets en hélicoptère, ça a été un peu agité, mais nous nous en sommes sortis. J’aime cette excitation, la diversité, les défis sans fin et les gens que je rencontre. Avoir une entreprise d’événements ici n’est pas forcément de tout repos. Il y a beaucoup à faire en coulisse, on travaille souvent en décalé des autres et ça peut être stressant. C’est aussi très saisonnier, même si, par rapport à il y a une vingtaine d’années, Verbier tend de plus en plus à être ouvert toute l’année.  

GUIDO PERRINI – CAMÉRAMAN 

Je suis caméraman de ski dans la région de Verbier, bien qu’originaire d’Italie et du Royaume-Uni. Je fais ce métier depuis plus de 20 ans. Je n’aurais jamais imaginé que ce travail m’emmènerait dans de tels endroits, notamment en Antarctique, au Groenland, en Alaska, au Svalbard, en Amérique du Sud, au Japon ou encore en Géorgie. J’ai assisté moi-même à l’évolution du ski et du snowboard en travaillant avec quelques-uns des plus grands : Xavier De Le Rue, Sam Anthamatten, Jérémie Heitz et bien d’autres.

Le sport avait progressé bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Les caméras ont gagné en légèreté et en performance. Maintenant, au lieu d’emporter une vieille caméra 16 mm avec deux objectifs dans mon sac, j’embarque une caméra numérique avec six objectifs, un appareil photo, un drone et un support et le sac pèse le même poids ! Je n’ai pas encore décidé ce que je voulais faire d’autre en ski, mais je découvre de nouvelles lignes chaque année à Verbier et j’adore ça, même si j’ai parfois un peu les chocottes. 

VICTOR LIEBENGUTH – SNOWBOARDEUR FREERIDE / SPÉCIALISTE EN MARKETING & COMMERCE 
  

Je suis originaire de Chamonix et j’ai eu la chance de croiser des gens formidables qui m’ont fait découvrir Verbier et les montagnes de la région. Je suis tombé amoureux de la vie et des gens ici, et je n’en suis jamais reparti. Plus récemment, j’ai allié ma passion et ma carrière de snowboard à quelques projets intéressants, ce qui me permet de travailler et de profiter de la vie à Verbier. (Je suis sponsorisé par THE NORTH FACE, les snowboards Rossignol, les lunettes GIRO, Smartwool, Arctic Juice & Café, le magasin Backside de Verbier et Verbier Promotion).

Le snowboard constitue aujourd’hui seulement la moitié de mon activité. Après des études de communication à l’IDRAC, je me suis rapidement intéressé au marketing, et plus précisément à l’organisation et à la coordination d’événements ainsi qu’au développement commercial. Cela m’a permis de réaliser deux grands projets : Gotham Coworking tout d’abord. Créée à Lausanne, cette start-up se positionne aujourd’hui en tant que leader des espaces coworking en Suisse. J’ai eu le bonheur de croiser la route de Guilhem Sirven, PDG de l’entreprise, et Patrick Polli, l’un des principaux investisseurs, qui m’ont donné ma chance et m’ont mandaté pour développer le concept ici en Valais. Nous venons d’ouvrir un espace à Martigny et un ici, à Verbier. Nous prévoyons d’implanter de nouveaux sites Gotham à Brig et Sion au cours des deux prochaines années. C’est un projet extrêmement motivant ! 

Parallèlement à tout cela, je suis sur le point de créer ma propre agence de marketing, THE EDGE Agency. Sa vocation principale sera d’organiser un projet événementiel prévu dans le val de Bagnes pour janvier 2021 : le SUMMIT Festival.  

Il nous a semblé qu’il manquait à Verbier un événement sportif et culturel réunissant le freeride et le freestyle. J’avais aussi envie de transmettre ma passion pour la montagne et les sports de neige et de faire connaître la région. Sans trop en dévoiler pour l’instant, cette manifestation accueillera une compétition de freestyle de dimension internationale, une série d’épreuves de freeride, des concerts avec des têtes d’affiche dignes des plus belles salles, des conférences et des ateliers sur des thèmes actuels, des avant-premières de films et bien sûr des soirées de folie. 

Verbier est une grande station de sports d’hiver et offre ainsi de nombreuses possibilités pour créer l’activité de ses rêves tout en profitant de la vie à la montagne. 

HANS SOLMSSEN – GUIDE DE MONTAGNE  

J’ai grandi en montant à cheval sur la grande île d’Hawaï. Qui aurait pu imaginer que je serais un jour guide de montagne suisse à Verbier ? Le destin a voulu que je me passionne pour le ski lors de mes études à la Northern Vermont University (États-Unis), puis que je vienne passer une saison à Verbier. C’était il y a plus de 35 ans !

J’adorais pouvoir monter au sommet du mont Gelé et redescendre librement où que je le veuille sans être poursuivi par la patrouille. Étant donné que je voulais rester une saison de plus, j’ai décroché un poste de préparateur de skis chez Ski Service. Après avoir affûté mes talents de guide sur les versants du Mont Fort, je me suis lancé dans des expéditions aux quatre coins du monde : héliski chaque printemps depuis ma base à l’ouest du Groenland, ski hors-piste en Inde, location/pilotage de petits yachts en Méditerranée, etc. Les sorties guidées en vélo électrique constituent désormais mon hors-piste d’été. Passer des journées entières avec des personnes animées du même esprit, dans des lieux magnifiques partout dans le monde, est une expérience très enrichissante. Je suis accompagnateur depuis plus de 30 ans maintenant, et les liens qui se créent entre nous après tant d’aventures sont extrêmement forts. Je n’échangerais mon travail pour rien au monde. 

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La vie de rêve à Verbier

Guide de Verbier Fred Roux a partagé le récit de sa troisième tentative d’ascension du K2 en compagnie du célèbre explorateur Mike Horn, au Festival du film de Vollèges. Verbier Life est allé à sa rencontre pour recueillir le témoignage de son aventure au cœur des montagnes les plus périlleuses du monde…

Alors que l’ascension de la Pierre Avoi constitue déjà un défi pour la plupart d’entre nous, d’autres ont pris toute la mesure de ce que signifie « repousser les limites de l’extrême ». Parmi eux figure Fred Roux, un guide de montagne valaisan discret, qui coule des jours paisibles dans le petit village de Vens, au-dessus de Sembrancher. Il y a quelques mois, Fred et le légendaire alpiniste suisse d’origine sud-africaine, Mike Horn, ont tenté, pour la troisième fois, de gravir le K2. Il s’est confié à Verbier Life à propos de cette expérience, de sa relation avec Mike et de son affection pour les montagnes d’ici et de là-bas.

Fred a le look du guide de montagne. Bronzé et charpenté, il arbore la même doudoune verte que lors de sa dernière expédition. L’humilité et l’immense passion qui l’animent lui inspirent un profond respect de soi, ce qui lui permet de regarder la mort en face avec détachement.

Du haut de ses 8’611 m, le K2 est le deuxième plus haut sommet du monde, et contrairement à l’Everest, il reste inaccessible même à la plupart des alpinistes les plus chevronnés. Connue pour ses pentes escarpées, ses camps de base lointains et sa beauté stupéfiante, cette montagne respire le mystère. Certains la surnomment « la montagne des montagnes » et d’autres « la montagne sauvage ». Les trois fois, Mike et Fred ont tenté d’escalader le K2 par le versant pakistanais dans un style alpin, c’est-à-dire sans oxygène ni cordes fixes.

Lors de cette dernière tentative, ils ont essayé de rallier le sommet un 16 juillet. Hélas, les conditions météorologiques étaient défavorables. « Nous avons grimpé à plus de 8’000 m, mais nous avons dû nous arrêter à 400 m du sommet. On ne voyait même plus nos pieds. » De retour au camp de base, Mike a passé la nuit à se masser les orteils, engourdis par le gel. Leur dernière chance venait de s’envoler, Mike devant poursuivre son expédition Pole2Pole. Fred est un homme détendu et serein. Son sourire est contagieux, tout comme son rire d’ailleurs. Le referait-il ? « Probablement… mais si nous y retournons, ce sera par le versant chinois ; les expéditions commerciales se multiplient côté pakistanais, il y a trop de monde. »

Selon lui, il y a de fortes chances pour que le K2 subisse le même sort que l’Everest. « Parmi les grandes agences, certaines étendent actuellement leurs offres à l’ensemble des sommets de plus de 8’000 m. Il devait y avoir pas moins de 140 alpinistes au camp de base en juillet, et seuls quatre ou cinq d’entre nous n’utilisaient pas d’oxygène ». L’abandon des bouteilles comptent pour beaucoup dans les déchets engendrés par l’exploitation de l’Everest.

Nul doute que sa personnalité aide Fred à accomplir ce qu’il fait : parfois jovial et radieux pendant notre entretien, il est aussi réfléchi et authentique.

Sa relation avec Mike, qu’il connaît et avec qui il travaille depuis une vingtaine d’année, s’inscrit selon lui sous le signe de la simplicité. « Nous travaillons ensemble, nous prenons des décisions ensemble », confie-t-il. Lors de leur première ascension en 2013, se résigner à faire demi-tour leur a été nettement plus difficile. « Nous étions à environ 7’500 m et il faisait grand beau. Mais nous avions un mauvais pressentiment. Cela, plus le bulletin neige, nous a incités à rebrousser chemin ». Juste derrière se trouvaient deux Néo-Zélandais, Marty et Denali Schmidt, un père et son fils, et eux ont décidé de continuer. Vingt mètres plus loin, la pente entière se dérobait sous leurs pieds, emportant le duo à tout jamais.

« On a beau être un alpiniste aguerri, les avalanches ne font pas la différence », précise Fred. Son expérience de guide lui a enseigné combien il est important de suivre son instinct.

Et la vie dans le Val de Bagnes ? Fred évoque avec tristesse le recul manifeste des glaciers après deux mois à côtoyer les immenses glaciers et la neige abondante qui recouvrent la chaîne du K2. « Quand j’étais plus jeune, nous skiions tout l’été sur le secteur Gentianes – Mont Fort. Ça m’attriste de voir ce qu’il en reste pour mes enfants ».

Fred et Mike partagent une complicité unique. « Fred est un vieil ami et nous avons affronté la mort ensemble. Rien que dans son regard, je peux voir l’excitation ou la peur. C’est ça, l’amitié. C’est comprendre ce qui se passe dans l’esprit de votre meilleur ami lorsque sa vie, et la vôtre, sont en jeu », explique Mike, actuellement en expédition au pôle Nord.
Quand on lui demande s’il suit la dernière expédition de son pote, Fred répond amusé : « Oui, et je suis bien content d’être ici ! »
Où la prochaine aventure de nos deux grands amis les emmènera-t-elle ?