XAVIER ROSSET / SURVOLER LE MONDE

Après 300 jours de survie intense, seul sur une île déserte, Xavier Rosset n’a pas mis longtemps à imaginer sa prochaine grande aventure. L’ancien snowboardeur professionnel local s’attaque à présent à son plus gros défi : faire le tour du monde en aéronef ultraléger...

Xavier Rosset respire l’aventure. Enfant de Verbier, il a tout naturellement excellé en snowboard. Au cours de sa carrière professionnelle, il a passé six ans à dévaler la face abrupte du Bec des Rosses lors de l’Xtreme de Verbier, obtenant une belle deuxième place en 2005. Cela aurait suffi à la plupart des gens, mais pour Xavier, ce n’était que le début de l’aventure. Toujours prêt à donner vie à ses rêves les plus fous, il a quitté le confort de ses montagnes en vue de passer 300 jours sur une île avec comme seuls compagnons un couteau suisse et une machette. Après quatorze mois de préparation, il a donc parcouru 22'000 km depuis Verbier pour poser ses valises sur une île déserte en plein Pacifique. C’est après des mois d’épreuves physiques et mentales qu’il a relevé le défi, et aussitôt rentré, il mettait déjà sur pied une expédition encore plus audacieuse : faire le tour du monde à bord d’un ULM pendulaire de 230 kg. Xavier a déjà pris le large sur son engin volant et a prévu de traverser cinq continents et cinquante pays, pour une distance totale de 80'000 km autour du monde, tout en survolant la forêt tropicale d’Amérique centrale, l’Himalaya et le Groenland.

VL : Comment s’est passé ton retour à la vie normale après ton séjour sur l’île ?

Xavier : Le retour de l’île en 2009 s’est très bien passé. Je suis revenu dans un monde que je connaissais, que j’apprécie. J’avais quitté Verbier provisoirement pour vivre une aventure humaine et non pour fuir le système de consommation qui le régit, qui je dois l’avouer, me laisse de grandes libertés en tant que instructeur freeride.

Une des richesses les plus incroyables dont j’ai profité à mon retour des 300 jours sur l’île est d’avoir pu prendre ma famille dans mes bras et de dialoguer avec d’autres personnes que moi-même.

VL : Qu’est-ce qui t’a poussé à t’engager dans un tel défi ?

Xavier : L’expédition « FlyTheWorld » (FTW) a beaucoup de valeurs communes avec la précédente expédition sur l’île. Durant mes 300 jours, j’ai exploré la jungle semi-tropicale à pied et me suis également exploré moi-même. Avec FTW, je ne fais qu’élargir les horizons. Je pars en ULM pendulaire à la découverte de notre planète, autant d’un point de vue géologique qu’humain. L’idée est de montrer une facette positive de ce que notre planète recèle de meilleur au travers de vidéos de deux minutes, de photos et d’un documentaire qui sera distribué à la fin de l’expédition, dans trois ans. Les optimistes, comme les pessimistes, sont contagieux. Je préfère faire partie de cette première catégorie et de partager mes aventures de vie afin de mettre en exergue les beautés de la planète.

VL : Tu as quitté la Suisse en juillet après des mois de préparation. Comment s’est passé le périple jusqu’ici ?

Xavier : L’expédition avance à son rythme, elle a déjà parcouru plus de 15’000 km en survolant 13 pays en 120 jours.

Cela comporte énormément d’imprévus – autant météorologiques et techniques qu’au niveau des autorisations de vol / séjour – auxquels il faut sans cesse trouver des solutions. La grande difficulté à obtenir un visa pour l’Arabie saoudite a fait que l’expédition a dû planifier un nouvel itinéraire, qui l’emmènera finalement en Afrique du Sud, dans un premier temps. Les pays survolés ont offert à FTW des paysages absolument incroyables. C’est fou comme la perception de notre monde change en le contemplant depuis les airs.

DCIM112_VIRBVIRB0043.

VL : Au bout de quelques semaines sur l’île, tu t’es demandé si tu serais capable de tenir les 300 jours comme prévu. Quel est ton sentiment sur cette aventure jusque-là ?

Xavier : Le plus gros challenge de mon aventure de 300 jours était la solitude et l’isolement volontaires. L’expédition « FlyTheWorld » m’emmène à la rencontre de plein de peuples et de lieux différents ; je suis constamment en contact avec des cultures très intéressantes à observer. Cela m’apprend beaucoup sur les autres et également sur moi-même.

Ma seule déception est probablement de ne pas être véritablement libre de survoler certains pays à ma guise. Je dois suivre des itinéraires réglementés, ce qui limite fortement mes découvertes par les airs.

VL : Quelle partie du voyage attends-tu avec le plus d’impatience ?

Xavier : L’expédition survole tant de pays qu’il est difficile de prévoir ce que je vais découvrir et de m’en réjouir par avance, ce qui est très bien car ça me laisse une marge de manœuvre importante. Le continent américain, nord et sud, promet de merveilleuses rencontres et des paysages à couper le souffle, tout comme l’Asie… Le survol de l’Etna, plus haut volcan actif d’Europe culminant à 3’500 m, restera gravé dans ma mémoire. Je l’ai survolé un samedi matin d’août au lever du jour, là où les vents sont les plus cléments. J’ai emmené ma machine à 3’950 m pendant plus d’une heure, survolant ainsi les 6 cratères de cet ambassadeur des entrailles de la terre.

VL : Lors de tes 300 jours sur l’île, la solitude a été l’une de tes plus grandes épreuves. Qu’est-ce qui est le plus difficile jusqu’ici ?

Xavier : En survolant le Sud Soudan fin septembre, j’ai dû changer d’itinéraire à cause des conditions météo. Dès mon atterrissage dans ce pays en proie à la guerre civile, une avalanche de problèmes m’est littéralement tombée dessus, prenant vite de l’ampleur, jusqu’à ce que je fasse l’objet d’une enquête par les forces armées du pays. Je suis obligé de garder le secret sur les jours qui ont suivi mon arrestation, mais je tiens à remercier l’ambassade suisse qui a très rapidement mis en œuvre les procédures nécessaires afin de clarifier et régler le problème dans les plus brefs délais.
Le 7 octobre, à la veille de quitter le Sud Soudan, j’ai eu un autre gros problème. Une tempête a endommagé l’aile et les pales de mon ULM qui n’était plus en état de voler. Je dois actuellement le faire sortir du pays afin d’effectuer les réparations. Cela se fera par avion-cargo direction l’Ouganda… Je dois également racheter tout mon matériel vidéo qui a mystérieusement disparu lors de mon séjour.

VL : Comment parviens-tu à te remotiver lorsque ta détermination fléchit ?

Xavier : Étant d’un naturel très positif, je trouve toujours un point positif dans tout ce qui m’arrive. Tout est une question de perception. Je trouve beaucoup plus enrichissant d’essayer de voir le positif, les solutions, plutôt que de focaliser sur un problème et de me plaindre. Tout ce qui arrive, planifié ou pas, fait partie de l’expédition et il est important d’être ouvert à tout et d’être prêt…

VL : Où as-tu prévu de passer Noël cette année ?

Xavier : L’expédition est divisée en trois saisons. Cela me permet de revenir à Verbier durant l’hiver pour travailler comme moniteur freeride et ainsi gagner un peu d’argent qui sera réinvesti dans l’expédition dès le printemps prochain. Cela me permettra également de trouver de nouveaux partenaires pour FTW.

L’ULM passera quatre mois dans un hangar quelque part dans le monde en attendant mon retour pour la suite de « FlyTheWorld ». Je passerai donc Noël entouré de ma famille, partageant les récits de mes aventures dans le monde et écoutant les leurs.

VL : Où peut-on suivre ton aventure ?

Xavier : L’expédition se veut le plus interactif possible. Tout le monde peut en suivre l’avancée sur le site internet grâce à un émetteur placé sur l’ULM. Des vidéos et des photos sont régulièrement postées sur les réseaux sociaux.

www.FlyTheWorld.ch  

www.facebook.com/xavier.rosset.5

www.facebook.com/flytheworld.ch  

Instagram : fly_the_world

Avant le départ de cette expédition, très peu pensaient que le petit montagnard de Bagnes s’envolerait à la découverte du monde sur sa moto des airs. Il est maintenant temps de rejoindre l’aventure en tant que partenaire et supporteur et de lui donner les ailes nécessaires pour relever ce défi positif, ensemble.

 


VERBIER LIFE ART

Au cours des 12 années d'existence du magazine, nous avons présenté de nombreux photographes et artistes bourrés de talent. Cet hiver, nous avons créé une plate-forme en ligne visant à promouvoir et à vendre leurs œuvres aux lecteurs de Verbier Life. Diplômée des beaux-arts en photographie, Charlotte Percle a rassemblé le travail de talents locaux, dont Jane Coe, Rosalind Monks Yves Garneau, Sébastien Albert, Janet Johnson, Melody Sky, pour la nouvelle galerie en ligne.

« En tant que passionnée d'art, j'apprécie beaucoup le talent qui existe ici au sein de la communauté, commente Charlotte. L'idée est de réunir des œuvres d'artistes et de photographes de la région sur une plate-forme unique, afin que les gens puissent savoir ce qui est disponible, soit pour leur propre chalet, soit pour faire des cadeaux originaux. Nous en sommes aux premiers stades de la création du site, mais espérons ajouter davantage d'artistes et d'œuvres au cours des prochains mois.»

Pour les achats de grande valeur, il sera possible de contacter l'artiste afin de discuter de l'œuvre, et dans certains cas, les habitants du coin pourront voir les créations avant de se décider.

Pour en savoir plus sur Verbier Life, ou pour les artistes et les photographes qui sont intéressés par présenter leur travail sur le site, envoyez un e-mail à Charlotte : charlottepercle@gmail.com.

www.verbierlife.com


MAX CHAPUIS, DU DH À L’ENDURO

Texte et photos Anthony Brown (www.anthonybrown.ch)

La terre est sèche, l’air est frais et les sentiers bagnards ont de beaux jours devant eux. Parmi les fidèles adeptes du mountain bike, il y en a un qui s’applique à toujours revenir sur les singles trails de Verbier. Habitant de Genève, il connait pourtant très bien les montagnes et leurs pentes raides. Privilégiant celles aux courbes généreuses, sans neige, où la nature a repris le contrôle, ambassadeur du Verbier Bikepark, il roule vite, même très vite, malgré sa nature calme et retenue.

Coup de projecteur sur Maxime Chapuis, un jeune sportif qui tente sa chance dans cette nouvelle discipline du mountain bike qu’est l’enduro :Il n’a pas fallu longtemps à Max pour s’intéresser au VTT. Même depuis la ville, où le vélo est plutôt perçu comme un moyen d’éviter les bouchons, le virus du mountain bike l’a atteint.

Surplombée par le Salève, Genève se trouve au pied de la chaine du Jura, qui, même si ses montagnes ne culminent pas aux fiers 3328 m du Mont-Fort, offre de larges possibilités.

Du Salève, en passant par Dovenaz jusqu’à Verbier, les capacités de pilote de mountain bike de Maxime s’aiguisent et il se retrouve, à 12 ans, en haut de la Croix-des-Ruinettes, pour le départ de sa première course de downhill. 10 ans et de nombreuses courses plus tard, il s’aligne au départ des étapes de World Cup de downhill. Champion Suisse en 2015, vice-champion l’année suivante, Maxime récolte de bons résultats nationaux, qui le mettent en confiance lors des événements internationaux. Mais le niveau est très élevé en World Cup et bien qu’il se montre souvent le meilleur de la délégation suisse, il n’atteint pas les podiums. Un peu lassé par les invariables pistes de downhill, il louche en direction de cette nouvelle discipline, cousine du downhill, l’enduro. Descendeur aguerri, Max est d’abord un fan de vélo et les quelques montées qu’il faut accomplir font pour lui naturellement partie du jeu.

Dès 2015, il s’essaye aux courses de l’Enduro Helvetic Cup et remporte la première place en 2016. Pour les visiteurs de passage, il est parfois difficile de suivre l’évolution de tous les sports « new school » qu’on trouve à Verbier. Tentons une description : de l’extérieur, ces jeunes montent en télécabine et dévalent tous le plus vite possible sur de gros vélos les pistes du bike park. Pourtant, certains s’élancent directement en bas tandis que d’autres préfèrent prendre des détours, quitte à monter encore un peu à la force du mollet, pour ensuite profiter d’un beau sentier technique à descendre. Au niveau de la mécanique, les vélos d’enduro sont complètement suspendus, possèdent de plus petits pignons (et donc de petites vitesses). Cela permet aux « enduristes » de pédaler à la montée, tout en pouvant confortablement descendre les sentiers escarpés de montagne (single trail). Les courses d’enduro sont donc très différentes de celles de downhill. Les pilotes montent en pédalant (contrairement au downhill) et ils ne sont chronométrés qu’à la descente.

Les journées des athlètes d’enduro sont donc beaucoup plus longues. Ils passent entre six et huit heures sur leur vélo, contre deux à trois descentes par jour en downhill. En résumé, l’enduro est plus long et physique (mais tout en gardant un haut niveau de technique) et le downhill est plus difficile et rapide.Le moment est stratégique pour Maxime. L’enduro a fondé en 2012 sa propre fédération (EMBA) et a mis sur pied un séduisant circuit de course international : l’Enduro World Series. Tout est nouveau, tout reste à faire. Il participe à la dernière étape de 2016 et ramène une wildcard qui l’invite à participer au tour de cette année.

En 2017, Max prend le départ de toutes les courses et ramène déjà une impressionnante quatorzième place de Rotorua en Nouvelle-Zélande. Il relève, dès la première étape, son ambitieux défi personnel de faire un top 15 lors de l’une des étapes. Il lui reste maintenant une épreuve tout aussi périlleuse : se maintenir dans le top 30 au classement général – il est actuellement 29ème. En s’entraînant à Verbier, Max dispose de l’un des terrains les plus techniques pour faire progresser ses qualités enduristiques. Un soutien bienvenu, tant la concurrence est rude, parfois organisée en équipe et profitant d’un soutien technique. Des impératifs auxquels Max répond actuellement seul depuis la selle de son « bike ».Profitant d’un hiver plus court à 850m d’altitude, les moutainbikers peuvent utiliser les installations sur une saison plus longue que pour le ski. Les spécialités culinaires, la situation au cœur des alpes, les nombreux sentiers naturels valaisans et les installations du Châble font de Verbier une place de choix sur la scène enduro. Reste que si les touristes recourent volontiers aux remontées mécaniques, parfois, pédaler vers de nouveaux trails, c’est aussi du luxe.

Pour suivre Max :

www.instagram.com/maxchapuis

www.facebook.com/ChapuisMax

www.maxime-chapuis.ch

 

Pour suivre Anthony

www.anthonybrown.ch

https://www.instagram.com/brown_anthony/

https://www.facebook.com/anthonybrownswissmadephoto/


OLAF BREUNING : SAVE THE CLIMATE!

Olaf Breuning, artiste suisse basé à New York, présente une nouvelle œuvre photographique cet été à Verbier. Invité par la Fondation 3-D, il a développé de nouvelles créations qui répondent à l’environnement social et glaciaire de la région. Son œuvre, SAVE THE CLIMATE! (Ndt : « Sauvons le climat ! »), crée un cadre permettant aux visiteurs de considérer le rôle manifeste que jouent les migrations humaines dans le changement climatique...

Texte : Anneliek Sijbrandij

Photos : Olaf Breuning

En 2017, de nombreux amateurs d'art feront « le Grand Tour », une année pendant laquelle il sera possible de se rendre à la Documenta de Cassel (Allemagne) – une exposition quinquennale partagée cette année avec Athènes (Grèce) –, la Biennale de Venise (Italie), et le décennal Skulptur Projekte de Münster (Allemagne), en l'espace de quelques semaines. Il sera également possible d'y intercaler une visite à la Foire de Bâle (Suisse), puis de rentrer à Verbier pour profiter de l'été. Dans le Valais, Cézanne sera exposé à la Fondation Pierre Gianadda à partir de mi-juin, et la Triennale d’art contemporain en Valais 2017 démarrera à la fin du mois d'août. Plus près encore, laissez-vous inspirer par la Fondation 3-D de Verbier, qui, dans le cadre d'un projet lancé en 2016 sur 4 ans, réunit des artistes, des habitants et des scientifiques retraçant l’impact de l’environnement glaciaire de la région. Dans cet article, Olaf Breuning (1970) s'entretient avec Anneliek Sijbrandij, la fondatrice de Verbier Art Summit, au sujet de l'œuvre qu'il a composée à Verbier.

 

Anneliek Sijbrandij : Tout d'abord, Olaf, vous vivez à New York. Revenez-vous souvent en Suisse ?

Olaf Breuning : J'ai vécu à Manhattan pendant dix-huit ans, et depuis 2 ans, je vis au nord de New York, dans la nature... c'est agréable, je suis un peu plus au calme. Je me rends en Suisse environ 3 fois par an. C'est magnifique et j'adore, c'est là où j'ai grandi, mais je ne suis pas du genre nostalgique. Mon père y vit encore, mais autrement, ça ne me manque pas plus que ça.

AS : Votre travail s'étend de la photographie à la sculpture, en passant par l'installation, la performance, le cinéma et le dessin. Comment décidez-vous du support à utiliser ?

OB : Je me lasse très vite, donc lorsque quelque chose m'ennuie, je suis content d'en changer... C'est une approche particulière : je dessine beaucoup, j'apprécie de créer des objets en céramique, de prendre une photo... J'ai fait un film une fois et j'en ai eu tellement marre pendant la réalisation qu'il m'a fallu quelques années avant de faire un nouveau film. Avoir la possibilité de changer, c'est ce que j'aime dans ma démarche artistique.

AS : « Home 3 », un film produit suite à la demande des collectionneurs d'art néerlandais Allard et Natascha Jakobs, qui visitent régulièrement Verbier et sont des membres importants de Verbier Art Summit, traite de la culture communicationnelle de notre époque. Ce document porte sur New York au début du XXIe siècle : il y a de l'humour, mais l'œuvre est également profondément mélancolique. Retrouve-t-on souvent ces éléments dans votre travail ?

OB : L'idée est que je réfléchis toujours à ma vie, à mon travail et au monde dans lequel j'évolue, puis je traduis tout cela en un langage simple et intelligible. Il arrive que ce soit fait avec beaucoup d'humour, mais il y aussi un côté plus sérieux, et parfois un fort aspect philosophique. Sur la photo que j'ai réalisée à Verbier, on peut lire « SAVE THE CLIMATE! » sur leurs fesses et les voir lever les bâtons de ski en l'air avec leur pantalon sur les chevilles, mais ensuite, on ne comprend pas vraiment ce que cela veut dire. Est-ce qu'ils font la fête ? Protestent ? Puis il y a dans mon langage, en général, un moment où tout prend son intérêt, parce que c'est un langage simple mais dont la signification n'est jamais totalement claire. Je pense que c'est le cas pour la plupart de mes œuvres.

AS : Il est clair, ici, que ce langage porte sur notre compréhension actuelle des questions climatiques et glaciaires. Sur quoi souhaitez-vous que les visiteurs de Verbier méditent en observant votre travail ?

OB : Mon travail illustre, plus ou moins, un dilemme auquel personne n'échappe. On a tous, au plus profond de nous, la volonté d'agir contre cela, de faire de la planète un endroit où il fait bon vivre, mais en même temps, on se rend compte de mille et une façons qu'on ne le veut pas. Par exemple, j'ai encore une voiture et toutes ces choses-là, mais cela prend du temps de changer, non seulement les consciences, mais aussi nos habitudes quotidiennes.

 

SAVE THE CLIMATE! sera exposé jusqu'au 17 juin 2018 au Parc

de Sculpture de Verbier situé sur le chemin entre La Chaux et les Ruinettes, à

2'300 m d'altitude. Une exposition retraçant la réalisation de l'œuvre prendra également place sur le chemin

entre les Ruinettes et la Croix-de-Cœur, avec les illustrations de la photographe Melody Sky.

www.3-dfoundation.com

www.olafbreuning.com

 


LES DAMES DU LODGE

 

On ne sait jamais qui pourrait venir séjourner au chalet de Sir Richard Branson. Figurant parmi les neuf destinations que propose Virgin Limited Edition, la propriété dispose d'une piscine intérieure, de deux Jacuzzis, d'un spa avec salle de soin tout équipée et de quatre chefs : la retraite de montagne idéale. L'équipe du Lodge doit être prête pour quiconque et à toute éventualité... 

« Mon travail est varié : une semaine, je peux m'occuper d'une gentille famille de quatre personnes, la suivante, d'un groupe de 42 collègues très occupés. En règle générale, ma journée commence avec le service petit-déjeuner, puis j'aide les clients à se préparer pour la montagne avant de tout organiser pour le reste de la journée. Ce que je préfère dans ce travail, c'est accueillir les groupes lors des fêtes d'entreprise. Après une journée sur les pistes, ils se rendent à l'après-ski, bien décidés à s'éclater. Nous allons généralement juste devant la scène puis notre travail consiste à faire en sorte qu'ils aient toutes les boissons qu'ils désirent – ils prennent souvent des pichets de bières qu'ils se partagent généreusement. Le groupe revient ensuite pour dîner avant de ressortir. Parfois, ils dansent jusqu'au petit matin à l'Étoile Verbier, puis reviennent poursuivre la fête au Lodge : ils ont vraiment la pêche ! Il arrive que les derniers fêtards se couchent à 6h du matin puis que je prépare des Bloody Mary dès 7h. Les groupes familiaux qui viennent séjourner chez nous apportent du contraste : si un concert a lieu, on peut se retrouver avec une salle remplie d'enfants en train de danser. J'apprécie chaque seconde de mon travail... » Abigail Climpson-Stewart, directrice des services à la clientèle

« J'étais censée aller à New York, mais comme je ne parvenais pas à obtenir un visa, un de mes amis m'a appelé pour me dire qu'il avait du travail pour moi à Verbier. Je ne savais même pas où c'était. J'ai ensuite entendu parler du poste au Lodge durant l'été, alors que je faisais de l'escalade avec Hugh, l'un des chefs du chalet. Pour moi, une journée classique commence à 7h du matin par le service petit-déjeuner, avec préparation du buffet et envoi des commandes de petit-déjeuner chaud passées auprès de notre personnel d'accueil par les clients. Nous nous préparons ensuite pour le reste de la journée, en faisant du pain ou du thé par exemple. Le menu du jour propose salade de betterave, poulet rôti et tarte au citron. La carte change beaucoup comme nous utilisons des produits locaux et de saison. Le chef suivant vient prendre la suite à 14h et s'affaire à la préparation du dîner. La semaine dernière, nous avons cuisiné pour 42 personnes en provenance de Thaïlande : elles sont d'ailleurs très souvent venues en cuisine se faire à manger, ce qui était très amusant. » Linda Söderlund, chef cuisinier

« À une époque, je travaillais sur Necker Island pour Virgin Limited Edition, mais j'ai décidé de troquer mes tongs pour des chaussures de ski et ai commencé à exercer les fonctions de directrice de réception au Lodge il y a six ans. Puis je suis devenue directrice générale en octobre 2015, et j'en suis toujours aussi heureuse. La plupart du temps, j'arrive le matin aux alentours de 7h30, je fais un rapide tour de la propriété et briefe l'équipe sur les activités du jour pour les clients, avant de passer quelques minutes dans mon bureau. Pendant ce temps, je communique avec les clients avant leur arrivée, afin de garantir que leurs demandes soient honorées et que chaque séjour soit véritablement adapté à chaque groupe. Puis je m’active en aidant pour le petit-déjeuner, ce qui constitue une grande partie de mon travail vu que je ne suis pas assise devant un bureau toute la journée. Je m'implique à fond dans l'expérience des clients. Je dirige une équipe de 15 personnes, un défi intéressant où chaque journée est différente ! L'une des choses que je préfère et qui m'apporte le plus de plaisir dans mon travail au Lodge est d'organiser des mariages. Nous en avons eu trois lors de mon premier été à Verbier, et deux sont prévus pour l'été prochain. C'est génial d'apporter les touches finales pour rendre ce moment encore plus spécial pour les clients. Un autre avantage de travailler au Lodge est que nous sommes ouverts été comme hiver, ce qui est rare à Verbier. J'apprécie le contraste des saisons ici, pouvoir skier l'hiver est tout aussi formidable que pouvoir faire du vélo, de la rando ou du parapente l'été. Très vivant, ce lieu est un merveilleux endroit où vivre et travailler. » Ashley Crook, directrice générale

« Mon travail ici consiste un peu à jouer les Mary Poppins, car mon rôle est assez polyvalent. Je démarre habituellement la journée en épaulant le personnel d'accueil : je peux être amenée à vider le lave-vaisselle, à préparer du café et du thé, puis je m'active pour refaire les réserves de bois avant le retour des clients dans l'après-midi. Je descends ensuite au spa aux alentours de midi et mets tout en place pour les soins de l'après-midi. Puis je m'occupe de quelques tâches administratives, emails et autres choses barbantes du genre avant de plonger dans les effluves de lavande autour de 15h30 pour, en principe, jusqu'à quatre heures de soins. Puis je redeviens Mary Poppins et prépare les chambres pour la nuit en effectuant le service de couverture. J'adore ce moment de la journée car j'aime être soigneuse et veiller à ce que les chambres soient parfaites pour les clients. Ajuster l'éclairage, déposer un chocolat sur l'oreiller, et m'assurer que la chambre est élégante et soignée : tout doit être parfait ! J'aime veiller à ce que les gens se sentent privilégiés et soient très bien traités. Après cela, je donne parfois un coup de main supplémentaire à l'équipe d'accueil avant de rentrer chez moi. Certains clients ont séjourné au Lodge jusqu'à neuf fois, donc je m'efforce de faire en sorte que leur expérience soit aussi bonne que la fois précédente ! Tous les clients que j'ai rencontrés jusqu'à présent ont été formidables et je me dis souvent que j'ai de la chance d'être ici. » Georgie Nicholls, thérapeute de spa